Mais il est à priori très surprenant qu’un monument de 4,6 km², perdu au fond de la jungle à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, puisse amener ces deux pays à entrer en conflit. Plusieurs morts depuis au moins 2008, des combats entre deux armées, des milliers de réfugiés… Difficile de croire que ce conflit vienne de la volonté de chacun des Etats de s’approprier ce pan de l’histoire asiatique pour récupérer les bénéfices du tourisme.
C’est Sok Phay Sean, dans un article de France 24, qui offre la meilleure explication. Derrière la remise en cause de la propriété de ce site, il y a la volonté de la Thaïlande de remettre en cause la frontière, tracée par le colonisateur français et avalisée par l’ONU en 1962. Et là il s’agit de près de 27.000 km² inexploités et prometteurs de ressources, dont le gaz.
Soyons réalistes, il n’y a pas de conflit interétatique violent sans une excellente raison. Et celle-là paraît très bonne.
M. F.