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vendredi 18 février 2011

ANASE : Une recherche de crédibilité à tout prix ?

« Le Cambodge s’insurge de l’attitude dictatoriale de l’ANASE qui transcende sciemment son pouvoir réel en refusant d’appliquer le droit pour imposer un cessez-le-feu voué à l’échec » déclare M. Hor Namhong, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, à sa sortie de la réunion de l’ANASE le 16 février 2011. Dans ces conditions, le Cambodge se réserve le droit d’appeler à l’élargissement des négociations à l’ANASE plus trois du fait de ses relations étroites avec la Chine.
En effet, le Cambodge tient à rappeler qu’il est l’acteur le plus touché dans ce conflit avec 7 morts et une atteinte à son patrimoine historique et spirituel de la part de Thaïlande. Il est ainsi étonnant que l’ANASE privilégie le points de vue thaïlandais quand on sait que ce pays est à l’origine des hostilités, ce qui est en totale contradiction avec le droit international, et notamment avec la décision de la Cour Internationale de Justice qui reconnait la souveraineté du Cambodge sur le temple de Preah Vihear.
De plus, ayant conscience que le droit international est de son côté, le Cambodge n’hésitera pas à porter le différend jusqu’au Conseil de Sécurité de l’ONU, car il bénéficie du soutien de la Chine et de la Russie sur ce dossier, ce qui court-circuiterait le principe de subsidiarité réclamé par les acteurs de la région.
L’enjeu d’un règlement rapide et pacifique du conflit est-il toujours de sauver un temple datant du IXème siècle, et ainsi de sauver des vies humaines ? Ou est-il maintenant question pour l’ANASE de s’affirmer sur la scène internationale, quitte à proposer vainement un cessez-le-feu provisoire ?
Cette nécessité de crédibilité est renforcée par la confiance accordée à l’ANASE par l’ONU et la demande de remise d’un rapport clair sur l’avancement des négociations.
L. N.

jeudi 10 février 2011

Conflit Thaïlande-Cambodge : une ruine de 27.000 km²

Bon d'accord, le temple de Preah Vihear pour les cambodgiens, ou Prasat Khao Phra Viharn pour les thaïlandais, n’est pas qu’une simple ruine. Il s’agit d’un temple construit durant l’Empire Khmer et inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.
Mais il est à priori très surprenant qu’un monument de 4,6 km², perdu au fond de la jungle à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, puisse amener ces deux pays à entrer en conflit. Plusieurs morts depuis au moins 2008, des combats entre deux armées, des milliers de réfugiés… Difficile de croire que ce conflit vienne de la volonté de chacun des Etats de s’approprier ce pan de l’histoire asiatique pour récupérer les bénéfices du tourisme.
C’est Sok Phay Sean, dans un article de France 24, qui offre la meilleure explication. Derrière la remise en cause de la propriété de ce site, il y a la volonté de la Thaïlande de remettre en cause la frontière, tracée par le colonisateur français et avalisée par l’ONU en 1962. Et là il s’agit de près de 27.000 km² inexploités et prometteurs de ressources, dont le gaz.
Soyons réalistes, il n’y a pas de conflit interétatique violent sans une excellente raison. Et celle-là paraît très bonne.
M. F.