Le 09 février 2010, face aux différents dignitaires présents lors de la réunion de l’Organisation des Nations Unies, la langue de bois fut encore une fois à l’honneur.
Ainsi, nous assistâmes à un spectacle édifiant, un florilège de banalités et d’autocongratulations sur la réussite du processus démocratique à Taïwan. En effet, les Etats se succédèrent à la tribune pour féliciter les Taïwanais d’avoir participé au processus démocratique et porter au pouvoir le Minjindang qui est le parti indépendantiste taïwanais. Geste non anodin dont la majorité des pays, trop occupés à pratiquer un discours stérile devenue hélas familier, ont oublié la principale signification : l’île passera sous la domination d’un parti indépendantiste, qui souhaite s’éloigner encore plus de la République Populaire de Chine. Perspective inconcevable pour l’empire du milieu qui le 14 Mars 2005 vota une loi anti sécession visant Taïwan et garantissant une intervention militaire en cas de sécession de la 23ème province.
Face à un tel enjeu il fut surprenant de voir nos dirigeants se complaire dans des congratulations réciproques. Il convient donc d’espérer qu’enfin ces nobles représentants se saisiront de la gravité potentielle de la situation et s’engageront pleinement et efficacement dans la résolution des tensions qui ne sauraient poindre dans l’horizon des relations entre la République Populaire de Chine et « sa 23ème province ».
D. B.