Depuis plusieurs semaines, les appels à manifester se multiplient en République Populaire de Chine. Cependant, l’interdiction faite aux journalistes étrangers de couvrir les manifestations inspirées de la « Révolte du Jasmin », ainsi que la censure constamment exercée dans le pays nous rappellent que la liberté d’expression est loin d’être acquise dans la deuxième puissance économique mondiale.
Pékin accuse les journalistes occidentaux d’ « inventer »
Pékin accuse les journalistes occidentaux d’ « inventer »
| Source : EPA |
Cette conférence de presse a eu lieu alors que mercredi et jeudi des journalistes de l’Associated Press, de l’Agence France Presse et de nombreux autres médias ont été convoqués à des rencontres filmées avec les policiers de Pékin. Lors de ces « rencontres », les reporters ont ainsi été informés que s’ils couvraient les manifestations inspirées des évènements au Moyen-Orient sans respecter les règles (demande d’autorisation, interdiction de fréquenter le secteur de la rue commerciale Wangfujing, au centre de Pékin, et un secteur près de la place du Peuple, à Shanghai), ils seraient passibles de sanctions, à savoir la confiscation de leur permis de travail en Chine, voire l’expulsion. Le gouvernement s’en prend à ces correspondants étrangers car ce sont les seuls à même de rapporter de telles manifestations si elles avaient lieu, la presse chinoise étant muselée par la censure.
Cet avertissement témoigne clairement de la nervosité des autorités chinoises face aux appels lancés en ligne pour la tenue de manifestations tous les dimanches.
Cet avertissement témoigne clairement de la nervosité des autorités chinoises face aux appels lancés en ligne pour la tenue de manifestations tous les dimanches.
La presse chinoise «harmonise» la contestation égyptienne
A l'exemple de nombreux pays qui procèdent à l'évacuation de leurs ressortissants d'Egypte, la Chine a d'ores et déjà rapatrié 480 ressortissants dans la nuit du 31 janvier. Ces rapatriés ont fait la une des journaux le 1er février en Chine, assis sur leurs bagages dans l’aéroport du Caire, drapeaux rouge de la République populaire de Chine à la main. Plusieurs reportages ont ainsi fait état du manque de combustible et de nourriture des ressortissants chinois bloqués en Egypte.
Les photos des manifestations, en revanche, ont disparu. L’accent étant mis désormais sur « l’appel au calme » et la «reconstruction de l’économie ». Un « défi » selon le moteur de recherche Baidu qui évoque notamment « l’enjeu stratégique » pour le pétrole et le commerce que représente le canal de Suez. C’est le Huan Qiu Shi Bao, le journal des Nouvelles du Monde qui a donné le ton lundi : « Les Occidentaux tentent d’infléchir la direction prise par l’Egypte ».
L. N.