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lundi 7 mars 2011

Un possible changement des positions diplomatiques japonaises.

       Mercredi 16 février 2011, le porte-parole du gouvernement japonais, Yuki Edano, a annoncé la révision des programmes scolaires japonais. Cette révision implique la reconnaissance du passé colonial japonais en Asie de l’Est, de la fin du XIXème siècle à la défaite finale du Japon en 1945 qui marque la fin de l’expansionnisme militaire japonais. Cette volonté japonaise de renouer avec ses anciennes colonies (Corée, Chine, Taïwan, …) et avec ses anciens adversaires (Russie) témoigne de l’aveu d’impuissance du Japon au niveau diplomatique, voire même reconnaît et justifie les revendications territoriales de ces derniers sur les territoires japonais contestés.
       En ce qui concerne la République Populaire de Chine et la République de Chine, ces territoires japonais contestés sont les îles Diaoyu en chinois, ou Senkaku en japonais, archipel renfermant des réserves de gaz non-négligeables. Le Japon, quant à lui, conteste jusqu’à aujourd’hui la souveraineté sud-coréenne sur les rochers Liancourt, ainsi que la souveraineté russe sur les Kouriles du Sud.
       La posture de M. Edano, qui consiste donc à modifier les programmes scolaires et à tendre la main à ses anciennes colonies, montre un changement majeur, car cela va à l’encontre de ces positions diplomatiques officielles.
       Il est en effet important de rappeler que la colonisation japonaise sur la Corée, sur l’île de Formose (Taïwan) et sur les îles Senkaku/Diaoyu a commencé avec le traité de Shimonoseki, mettant fin à la guerre sino-japonaise de 1894-1895. L’impérialisme japonais dans la région a continué avec la conquête de la Mandchourie (Nord-Est de la Chine) en 1931, et avec la guerre de Shanghaï en 1932. L’affrontement final avec la Chine a lieu de 1937 à 1945, date à laquelle, le Japon, défait militairement à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, évacue ses colonies et renonce à la plupart de ses prétentions sur celles-ci.
       Inutile de mentionner que l’intervention du premier ministre japonais, M. Naoto Kan, à la tribune des Nation-Unies, ce 9 Mars 2011, est très attendue pour préciser les positions de son pays suite aux déclarations du porte-parole de son gouvernement.
T. J. Jr.