Vendredi 25 mars au matin un fou rire s’est propagé dans toutes les chancelleries, allant des stagiaires aux ministres, en passant par les diplomates du monde entier.
En effet, le Département d’Etat américain s’est fendu d’un communiqué pour s’offusquer qu’un « petit papier » diplomatique, sur lequel deux phrases (sans intérêt selon nos informations) étaient inscrites, ait été lu sans permission par certains représentants d’Etats, accusant même un membre du Secrétariat général des Nations Unies. Ces accusations d’espionnage de haut vol se poursuivent par une menace de diminution « franche » des échanges économiques et diplomatiques à l’encontre de la Fédération de Russie si celle-ci ne s’excuse pas.
Le Département d’Etat a sans doute oublié non pas « le » papier mais les 250 000 câbles diplomatiques étalés dans la presse internationale il y a quelques semaines, issus d’une fuite à l’intérieur des propres services américains. Mais encore plus surprenant au regard du dernier communiqué, on a pu lire qu’Hillary Clinton avait signé en 2009 une directive établie par la CIA sur « la collecte de renseignements humains » par les diplomates de l’Oncle Sam!
Ce document, transmis aux missions américaines auprès de l'ONU à New York, Vienne et Rome, ainsi qu'à 33 ambassades et consulats, demande en effet aux diplomates américains d'espionner leurs collègues internationaux aux Nations unies. Les fonctionnaires de l'Organisation, jusqu'aux plus hauts responsables, sont visés. Sont réclamés : leurs "emails, mots de passe Internet et intranet, numéros de cartes bancaires, numéros de cartes de fidélité de compagnies aériennes et plannings de travail ". Pire les diplomates américains ont été encouragés à récupérer des "empreintes digitales, des images du visage, de l'ADN et des scans des iris" de leurs homologues et même du Secrétaire général de l'ONU. Ces révélations n’ont d’ailleurs pas été démenties par l’administration Obama.
On s’attendait donc pendant un temps à un peu de modestie et de pondération de la part de la diplomatie américaine après de telles révélations, mais le communiqué de vendredi est venu mêler le rire au grotesque. En effet, les Etats Unis seraient aujourd’hui sous embargo international si l’ensemble des Etats avaient réagi aussi violement. Le monde attend d’ailleurs toujours des excuses publiques telles que réclamées à la Fédération de Russie.
B.H.L