Maladresse dans l'organisation et ambiguïté dans le discours, le bilan du Brésil à la présidence du Conseil de Sécurité des Nations Unies reste mitigé.
Alors que Mr Lula, l'ancien chef de l’État brésilien, passait une grande partie de son temps à l’étranger et portait une plus grande attention à la gestion des affaires étrangères brésiliennes, on peut se demander si le nouveau gouvernement de Dilma Rousseff sera à la hauteur des acquis de cette période.
Or, il semblerait qu'en plus d'une présence très discrète sur la scène internationale, leur rôle et leurs résultats à la présidence du conseil de sécurité soient relativement mitigés. « L'organisation des débats nous a dépassés dès le premier jour » reconnaît un officiel brésilien. En plus d'un jeu trouble au niveau diplomatique, on dénote également une négociation maladroite pour priser une place de membre permanent au conseil de sécurité de l’ONU.
Mais c'est peut être la manière de gérer les négociations tenues au conseil de sécurité de l'ONU qui est la plus révélatrice de l'incapacité de ce pays à asseoir une position forte sur la scène internationale. En effet, comme l'explique un membre des Nations unies « répondre dans l'urgence à une situation de ce type, est un art diplomatique que toute nation ne maîtrise pas forcément ». Plus caustique encore, un membre de la délégation permanente de la République française à l'ONU affirme qu'« ils n’ont servi à rien ». Il est vrai que les actions menées durant cette présidence sont loin d’avoir permis une avancée dans le règlement des questions débattues, mais cela dénote peut-être simplement un manque d’expérience de ce pays dans les arcanes de la négociation internationale. Ainsi, se contenter de mettre en garde systématiquement ses partenaires diplomatiques contre une ingérence étrangère peut s'avérer un peu simpliste. Tout comme le fait d'avoir pour axe de négociation de simplement souhaiter une intensification de la coopération entre les États.
Malgré les efforts considérables de Celso Amorim, le ministre des Affaires étrangères brésilien, pour maintenir son pays dans la position favorable acquise par Lula, on déplore cependant une forte dégradation de la réputation diplomatique de ce pays, notamment en raison des récents agissements du directeur de la représentation permanente du Brésil à l’ONU. En effet, ce dernier aurait ouvertement hué une représentante onusienne lors de la journée de la femme. La présidence de la république brésilienne envisagerait même un renvoi de son fonctionnaire si les accusations de sexisme portées à son encontre aboutissaient à une plainte officielle du secrétariat de l'ONU.
C'est pourquoi, face à ces événements improductifs, les premiers résultats de la prise de fonction de la Chine à la présidence du conseil de sécurité sont attendus avec impatience. Et à l'ONU, on espère sincèrement que ce changement redynamisera les débats.
Y. B.