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mercredi 9 mars 2011

La revanche des femmes japonaises

Izanami, déesse du Panthéon japonais.

       Cette journée de la femme restera marquée par la nomination d’une femme, Junko Nakagawa à la tête de la première société financière du Japon, Nomura. Cet événement est d’autant plus exceptionnel que comme le souligne Azuma Ohno responsable au Crédit Suisse à Tokyo:  « Il est rare qu'une institution financière japonaise accorde ce type de promotion à une femme  ». Malgré des avancés, le chemin vers l’égalité homme/femme au Japon reste long…
       Le Japon connaît un vieillissement très important de sa population associé à une vague massive de départ à la retraite. Ainsi selon le journal les Echos « les 66 millions d’actifs seront 10 millions de moins d’ici à 2030 ». Ce problème est accru par le fait que le marché du travail japonais reste fermé à la main-d’œuvre étrangère.
       La loi de 1985 a constitué un premier pas afin d’offrir plus d’opportunités de carrière aux femmes. Pourtant la déception a été grande car le monde du travail au Japon demeure un univers masculin. Les hommes y assument les postes de direction et les postes commerciaux tandis que les femmes restent limitées aux emplois administratifs.
       Le constat est inégal suivant les différents secteurs d’activités: les femmes occupant des postes à responsabilités sont 56,4% dans les organisations internationales alors qu’elles sont seulement 9,8% dans le secteur privé.

Une domination intériorisée.
       Le premier responsable de l’inégalité de carrière entre homme et femmes au Japon doit être trouvé dans l’éducation. Selon beaucoup de femmes japonaises, « une place de présidente n’est pas pour elle ». Elles perçoivent leur rôle dans la société d’avantage dans l’entretien de la maison et l’éducation des enfants. Ainsi on estime que seulement 60% des femmes japonaises exercent un emploi.
        Du fait de sa société conservatrice, le Japon a un taux très faible de crèches et de maternités. Outre la discrimination à l’embauche des jeunes mères, on comprend donc comment les femmes japonaises sont découragées dans la recherche d’un emploi.   
  
« Un plan quinquennal pour bousculer les mentalités ».
       La mise en place d’un programme entre 2010 et 2015 doit permettre de faire parvenir 30% de femmes aux postes à responsabilités d’ici 2020. Cependant l’objectif semble difficile à atteindre car une proportion importante de cadres japonais restent opposés à l’arrivée des femmes aux postes à responsabilités.
       Le parti démocrate japonais (PDJ) a été élu sur la promesse de mettre en œuvre une vrai politique familiale. Le programme de campagne prévoyait une allocation mensuelle de 26000 yens (215 euros) par enfants et par mois. Le projet a cependant été ajourné avec la crise financière. On constate de plus que la fiscalité japonaise décourage encore l’exercice d’un emploi à temps plein pour les femmes puisqu’un dégrèvement d’impôt est prévu pour les femmes mariées dont le revenu est inférieur à  1 300 000 yens par mois.
       Le problème de l’égalité entre homme et femme dans le travail en japon est influencé par des facteurs similaires à ceux qui peuvent rentrer en ligne de compte dans les sociétés occidentales comme par exemple l’éducation, la garde des enfants et le sentiment de rivalité véhiculé par les hommes. Ces facteurs sont amplifiés dans les pays d’Asie orientale qui restent encore fortement marqués par la tradition. Le défi à relevé pour les pays comme la Chine, le Japon, la Corée du Sud est donc de concilier l’héritage confucéen avec la volonté croissante d’émancipation des femmes.

Pour en savoir plus:
- Pour la situation des femmes en Corée du Sud, voir l’article paru sur le site Aujourd’hui Corée, « En Corée l’adultère peut toujours conduire en prison »,  http://coree.aujourdhuilemonde.com/en-coree-ladultere-peut-toujours-conduire-en-prison, et l’article « évolution des mœurs que veulent les femmes » http://encoreedusud.blogspot.com/2010/10/evolution-des-murs-que-veulent-les.html
- Pour la situation des femmes au Japon « Japon, le chemin de croix des femmes actives » http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/dossier/300414921.htm
- Enfin pour celle des femmes chinoise voir l’article militant « la femme en Chine » http://www.fraternet.com/femmes/art6.htm
S. J.